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Léo Ferré ; cest lORTF , Mai 68, un
vieillard aux cheveux gris, un Monsieur qui clignait
des yeux tout en débitant des paroles métaphysiques
que, il faut bien avouer, lon ne comprenait pas toujours
très bien.
Des chansons aux textes surprenants, de la musique parfois baroque,
électrique ou dun extraordinaire lyrisme, un phrasé
qui nappartenait quà lui, un langage parfois
brutal, des mots damour ou danar, un langage tellement
différent de celui dun ado des années soixante-dix
(que j'ai été).
30 ans plus tard, ce triple album qu' Harmonia Mundi a la bonne
idée de présenter pour le vingtième anniversaire
du décès du chantre dApolinaire et de Baudelaire
nous tombe entre les mains par une belle matinée ensoleillée.
Des mains qui ont vieilli, qui ont touché la vie, qui
ont compris tant de choses de la Grande Aventure : de lamour
à la tristesse. Des mains peut-être plus à
même de saisir la portée et la beauté de ces
deux heures de spectacle remasterisées dans ce superbe
coffret.
150 minutes de textes poétiques, de vociférations
de lâme, de néologismes, de Férréologisme,
de musique du cur, de violons qui traversent lalbum
comme un long travelling sur la vie.
Une respiration forte, une voix qui interprète lamour
et la colère, qui gueule, qui chante, qui aime.! Le temps
na pas laissé dimpact sur ce survol de 40 ans
de travail de compositions originales .
Un aller simple vers lauthenticité, une découverte,
une redécouverte.
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