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Saxophoniste issu de la mouvance du post-free jazz, David Murray
est un musicien au souffle de braise avec un son "gros comme
ça" (le lire avec l'accent marseillais). Il a su rencontrer
au fil de sa carrière des musiciens avec qui il a pu partager
son amour de la liberté musicale, Cecil Taylor, Dewey Redman,
Don Cherry ou Lester Bowie. Son groupe le plus connu reste sans
doute le World Saxophone Quartet avec Oliver Lake, Hamiett Bluiett
et Julius Hemphill.
Après avoir exploré les univers de Mingus et d'Ellington,
après avoir visité la musique des Antilles et de
l'Afrique du Sud, c'est à Cuba qu'il fait escale. Mambo,
boléro et autres sons cubains sont à la fête,
joyeux de se frotter au jazz. Mais entendons nous bien, David
Murray n'est pas du genre à jouer les touristes, et le
disque est emmené à un rythme d'enfer par des natifs
de l'île qui forment le Latin Big Band.
Les anches et les cuivres gonflent sous l'impulsion des déluges
de percussions, les solos du leader au saxophone ou à la
clarinette basse débordent d'énergie et font preuve
d'une belle fougue communicative, le saxophoniste évitant
les trop longs passages free. Mélodies et rythmes enflammés
se mélangent habilement et les solistes des Caraïbes
ne s'en laissent pas compter, laissant à leur tour parler
la poudre dans de très bons solos.
Nous découvrirons ainsi Orlando Sanchez Soto au ténor
et Roman Feliu O'Reily à l'alto. Craig Harris au trombone,
et Hamiet Bluiett au baryton, sont aussi du voyage en cousins
afro-américains.
Un disque où la musique fait chavirer les têtes,
un raz de marée chaleureux et orgiaque qui ravive la flamme
du cuba-bop.
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