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Robin Leduc est une connaissance des aficionados de la musique
électronique, en effet ce jeune homme peut s'enorgueillir
à 24 ans, sur sa carte de visite, d'être le co-fondateur
d'Only Paradise. Il revient ici seul aux manettes pour sortir
un album de chanson française.
Leduc se permet une escapade solitaire pour un album musicalement
électro-pop, mais surtout un album de chansons. Généralement
les créateurs électro plaquent deux ou trois phrases
répétitives pour faire un album solo, là
le jeune homme prend le temps d'écrire de véritables
chansons avec de véritables arrangements. Bien sûr
l'excès de zèle est bien palpable, il en met parfois
trop ou pas assez c'est selon mais c'est tout de même un
beau travail de maîtrise musicale.
C'est accompagné d'artistes comme Jean Baptiste Quenin
qui co-écrit plusieurs textes ou de Bruce Keen réalisateur
de l'album qu'il prend son temps et 13 chansons en solitaire.
Il s'imagine les espoirs, envie le monde et se lasse du nouveau
pop-corn. Sa voix aurait à voir avec celle d'Hubert Mounier
mais très en-dedans. Il reste avant toute chose un grand
arrangeur et qui s'ambitionne de mettre sa musique en avant plutôt
que sa voix.
Un son pop en quelque sorte, un mélange subtile entre
Daft-Punk et Daho. Au contraire de Syd Matter à qui on
peut le comparer, le partie pris de Robin de chanter en français
doit déjà mériter un accessit des plus honorables
car la langue de Molière se marie très difficilement
avec des beats techno.
Mixant avec talent plusieurs univers musicaux, il interroge et
questionne l'auditeur ? On plane parfois, on s'immerge dans des
vagues de keyboard, et l'on se demande si l'on peut rester diaphane
et électroniquement pur ?
La dualité de deux mouvements antinomiques (la variété
et le dancefloor de la petite sur in et branchée),
se marie parfois très bien et parfois très difficilement.
Dans Winter of grace c'est avec le dub jamaïcain qu'il envoûte
l'auditeur alors que nous étions encore sous le coup d'un
instrumental sidéral. Maintenant à savoir si une
grenadine est aussi bon qu'un sirop non coupé à
l'eau ? toute la question est là !
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