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Depuis le début des années 70 Stephan Micus peaufine
un univers musical éclectique lui faisant franchir sans
cesse de nouvelles frontières pour découvrir des
cultures riches et lointaines.
C'est dire si bien avant que la world music ne devienne ce qu'elle
est aujourd'hui, cet " étrange oiseau migrateur "
a passionnément, durant près de trente années,
construit une uvre impressionnante, ponctuée par
plus d'une quinzaine d'albums.
Life est son seizième pour la firme bavaroise. Il l'a
enregistré entre 2001 et 2004 dans son studio méditerranéen
de Palma de Mallorca. Il s'agit d'une pièce de cinquante
quatre minutes divisée en dix parties et déclinant
un de ses koans favoris.
Un koan est une parabole bouddhiste zen en forme d'énigme
destinée à révéler à l'étudiant
les limites de l'intellect afin de l'encourager à développer
son intuition. Ici le maître zen et son disciple devisent
sur le sens de la vie.
La musique qui en résulte est entièrement interprétée
par ce drôle de musicien globe-trotter, y compris toutes
les parties vocales (chantées dans leurs versions japonaises
originales).
La panoplie d'instruments dont use Stephan Micus dans ce disque
est étourdissante de poésie. On y entend un gong
balinais, une cithare bavaroise, des boules musicales thaïlandaises,
des cymbales et des carillons tibétains, un sifflet irlandais,
des tambours ghanéens, une flûte en bambou égyptienne,
un dilruba indien, un orgue de bouche japonais
A noter que pour la première fois Stephan Micus joue du
maung (un instrument birman composé de quarante gongs de
bronze tempérés) ainsi que de la bagana (une ancienne
et immense lyre éthiopienne traditionnelle en bois, recouverte
de peau de mouton et dont les cordes proviennent des boyaux du
même animal). Ces deux instruments risquent malheureusement
de disparaître d'ici une ou deux générations
Pendant son séjour à Addis Adeba en janvier 2000
afin d'y étudier justement l'utilisation de la bagana avec
un maître, Stephan Micus fut surpris de constater que malgré
les dix cordes que possède l'instrument, seules cinq d'entre
elles sont utilisées ! La raison évoquée
par son professeur provient simplement du fait qu'aujourd'hui
les musiciens pratiquant la bagana ont oublié comment ces
cinq cordes doivent être accordées !
Néanmoins comme il le fait souvent, Stephan Micus s'est
accaparé l'instrument, l'accordant à sa manière
afin de pouvoir en jouer dans son intégralité.
Pour conclure, Life est une uvre sobre et profonde, qui
intrigue par son dépouillement et sa simplicité.
Le dépaysement est immense au regard de la petite heure
que dure cette nouvelle exploration sonore.
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