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Ce n'est pas osé du tout. Si tu ne fais pas ça, tu n'a aucune chance d'exister. Les grosses multinationales ne s'intéressent pas aux groupes en développement. Elles s'intéressent à un produit et à un objet qui s'appelle le disque. Pour eux c'est un produit consommable qui leur permet de faire du business. Ce n'est pas ce que l'objet contient qui les intéresse. L'artiste devient une entité rentable sur laquelle elles vont pouvoir gagner de l'argent. Mais pour ça il faut déjà avoir atteint un certain niveau de notoriété et de ventes. Après, les multinationales prennent le relais, mais avant, ils en ont rien à foutre.
En ce qui nous concerne, au lieu d'attendre qu'un éventuel producteur arrive en nous disant : " c'est bien Coco, j'aime beaucoup ce que tu fais ", on s'est dit qu'il valait mieux qu'on fasse nous même notre label. On peut faire nos disques à notre rythme, dans les conditions qu'on veut, et en plus on peut aider des gens qu'on aime bien.
Le label est avant tout aussi un outil à notre service qui nous permet de concrétiser des envies de musiciens. Ce n'est pas une société qui réfléchit au meilleur moyen de gagner de l'argent en produisant des disques.

Les compiles " It's a frenchy reggae party " (sorties sur Big Mama Records) ont permis à beaucoup de groupes de sortir de l'ombre. Un nouveau volume est-il prévu ?
Non. Il y en a eu 3 et faire un de plus nous aurait seulement permis de gagner de l'argent sur un phénomène, et ce n'est pas ce qui nous intéressait. Les 3 volumes ont progressé artistiquement. Sur le premier, c'est sympa mais c'est encore moyen pour certains groupes au niveau du jeu. Le second est beaucoup plus professionnel, avec plus de groupes. Et sur le troisième, on a réunit quasiment tous les groupes qui tournaientt à ce moment là. Le niveau a vraiment augmenté. On était arrivé au bout du truc. On ne voulait pas que ça devienne un fond de commerce. De plus, cette scène commence à être récupérée par les multinationales qui ont fait des copies de ces compilations.

De quelle manière soutenez-vous la scène festive française ?
On n'a pas vocation à soutenir les groupes par le biais de nos productions. Au départ c'était des projets. Beaucoup de groupes se sont développés, mais notre principal objectif est de réaliser des projets artistiques dans lesquels on s'amuse.

La compile hommage à la Mano Negra a été une grosse réussite et a eu un franc succès. Comptez vous réitérez l'opération avec un autre groupe ?
On ne sait pas. On ne se dit pas que puisque ça a bien marché de reprendre les morceaux d'un groupe, on va le faire avec un autre. Par contre si on se dit que tel groupe a influencé des groupes actuels, et que ce serait bien que tous ensemble on lui rende hommage, pourquoi pas ? C'était le cas pour la Mano. J'étais fan. Je les ai vu quand j'étais jeune. C'est ce qui m'a donné envie de faire un groupe influencé par pleins de musiques. En faisant des concerts, j'ai rencontré d'autres groupes qui étaient dans le même cas. Le projet est né comme ça. On a tous ensemble apporté notre version du travail de ce groupe et de l'impact qu'il a eu sur chacun de nous. C'est vraiment né d'une volonté artistique. On ne s'est pas dit qu'on voulait faire quelque chose pour avoir un succès commercial. Il y aura sûrement d'autres projets mais qui émaneront d'une envie de musicien.

Revenons sur le groupe. Quels sont vos projets pour les mois à venir ?

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