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Olivier : Je les ai un peu regardé jouer en fait…
Mouss : On a su qu'il avait un petit passé de pianiste classique, on lui a dit " Ecoute Bibi, tu nous fais deux trois riffs au piano et puis on voit ". Non, sa participation elle a été énorme. Il y a eu un concours de circonstances, nous c'était notre troisième album et on voulait quelque chose d'original pour éviter de faire un Contraddiction n°2.
Il a quitté son groupe de hardcore, il voulait faire autre chose, il avait plein d'idées en tête, surtout au niveau des machines, il a fallu qu'il apprenne tout le répertoire Mass Hysteria à la guitare… On l'avait pris comme guitariste, il s'est retrouvé à sampler, malgré lui. Il a combiné les deux. Nous on voulait s'ouvrir musicalement et lui il avait soif d'autre chose que du hardcore…c'est cloîtré…
Olivier : C'est cloîtré…et en plus j'en voyais le bout, je voulais m'ouvrir à d'autres trucs. Quand tu prends un petit peu d'âge, tu t'ouvres. Au niveau composition, on se complète vraiment.
Titou : Ca c'est toujours passé comme ça en fait, même avant l'arrivée d'Olivier. Yann amenait beaucoup d'idées et on travaillait tous ensemble autour de ça. Nous en sommes a trois albums maintenant, il n'y a pas une seule chanson qui a été amenée par un seul musicien dans son entier. La différence dans ce troisième disque, je pense qu'elle est dans le travail qui a été fait avec Olivier et Yann. En dehors des répétitions, ils ont gardé cette dynamique de travail, et ils ont tout de suite embrayé sur des nouveaux trucs à la guitare. Ils sont arrivés avec plein d'idées, avec des passages qui donnaient le ton du morceau.

Concernant l'album, on a la sensation qu'il est à la frontière de multiples styles musicaux, d'où vous viennent toutes ces influences ?
Olivier : On écoute beaucoup de choses différentes. Du reggae, de la pop,… Le premier groupe c'était quand même les Beatles. Moi, j'écoutais du hardcore super vénére, j'écoute du death, de l'électro, beaucoup d'électro en ce moment parce que c'est le style où il y a le plus de nouveautés. On écoute des choses vraiment différentes !

Titou : Moi j'écoute tout, j'essaie de me renseigner sur tout ce qui peut se faire et on a de la chance d'être dans le milieu musical où on peut écouter plein de trucs différents. Donc je ne me borne plus, comme quand j'étais jeune, à aller approfondir un style, je navigue de style en style. Je n'ai pas besoin d'appartenir à un style musical précis. J'écoute plein de sons différents, de la world au dub en passant par le hardcore ou le reggae, je suis un fan de Slayer, pourtant j'aime autant Massive Attack et de la bonne électro, même si ce ne sont pas des musiciens. Je n'ai pas de barrières, je n'ai pas besoin d'approfondir un style, mais j'admire les gens qui le font. Mais c'est pas comme ça que je suis.
Mouss : On n'a pas envie de retranscrire musicalement du hardcore.
Titou : C'est comme ça qu'on a composé l'album. C'est avec nos influences, nos oreilles d'aujourd'hui, et nos oreilles elles sont ouvertes sur plein de trucs !
Olivier : Il y a nos influences, OK, mais il n'y a pas que ça. Il y a tout simplement ce qu'on avait envie de sentir et faire ressentir. C'est vrai que l'influence est là, mais il y a des trucs qui se font naturellement.
Mouss : Ca peut arriver dans certains morceaux qu'il y est des passages trop influencés par certains groupes. Il y a des passages qu'on s'est refusé, on s'est dit " Ah non ! Ca fait trop çi, trop ça ! ". Tu arrondis les angles, le but c'est de trouver ta pureté, ta particularité, donc forcément tu es influencé mais tu essaies de dériver. Il y a des passages qui peuvent ressembler à certains trucs, mais bon, c'est comme ça…
Il y a des morceaux du nouveau Mass Hysteria qui me font penser à plein de morceaux que j'aime bien, de divers groupes. Les morceaux te causent, et c'est pour ça que dans ce troisième album il n'y a pas un morceau qui ne me fasse pas vibrer. Ca nous a prit tellement de temps…C'est une composition différente ce CD, parce qu'on nous attend un peu au tournant, et tu dis " Je n'ai pas envie d'arriver là où tout le monde m'attend, je vais faire un détour ", quitte à se faire désirer, c'est une prise de risques, mais tu as envie de surprendre, et j'espère que cet album surprend !

Justement, vous n'avez pas peur de la réaction du public, par rapport au fait que ce soit plus doux… ?

Suite.

 


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