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Premièrement, je suis très superstitieux et je ne désirais pas faire un disque avec treize plages, j'en ai donc rajouté une quatorzième. Pour évoquer un lieu, la plus belle des façons c'est de ne pas mettre de musique ou de parole dessus. Là ce n'est pas silencieux, il y a les grillons, la rivière. Ca été enregistré dans un lieu-dit, chez mes grands-parents où j'ai ma maison de campagne. Parfois, il m'arrive d'enregistrer les bruits de la campagne et là j'ai eu l'envie de donner à la personne qui écoute notre disque de se reposer avec nous.

Matador a encore été enregistré de manière artisanale alors qu'avec la popularité qui est la vôtre, vous auriez pu passer par une autre technique ?
Je peux même te dire que nous sommes allés dans l'artisanal de façon plus poussée ! Sur certains morceaux nous sommes mêmes partis des enregistrements dans la salle de répète. Si tu veux entendre des mecs faire du rock à côté de toi, il faut que tu le captes au plus proche de l'endroit où cela bouge. Nous avons voulu nous mettre au service des chansons. Un truc qu'on néglige souvent c'est la basse. Là nous avons voulu dégotter cinq ou six basses avec des sons différents les uns des autres. Chaque chanson sur le disque à sa façon d'être faite.

Vous êtes maintenant votre propre producteur, pourquoi ?
Nous étions en position de force avec Virgin dans le sens où nous avions vendu beaucoup de disques, nous avons cherché à devenir plus indépendant. Même si Virgin nous a toujours laissé libre, maintenant nous maîtrisons totalement la production. On n'a jamais eu trop besoin de directeur artistique pour nous guider.

Contrairement à beaucoup d'artistes qui mettent peu de titres, vous depuis le début vous avez toujours quatorze titres sur vos disques, c'est parce que vous avez du mal à faire un choix ou c'est pour en donner toujours plus à votre public ?
J'écris tout le temps. Je dois bien avoir une petite centaine de titres en chantier. On se restreint car nous pourrions sortir des doubles albums… C'est juste qu'on veut qu'il n'y en ait pas trop mais pas "pas beaucoup". Il faut que cela fasse une histoire. Sur un CD il y a de quoi faire de la musique au dessus du format vinyle, autant en profiter. Après il ne faut pas en mettre trop car sinon tu passes d'album à compil' (rire).

Cet album va d'abord tourner sur les festivals d'été pourquoi ce choix ?
Quand tu crées un groupe tu rêves de jouer devant des dizaines de milliers de personnes. C'est un vrai bonheur d'aller jouer par exemple aux Vieilles Charrues en plein été.

Ensuite vous retrouverez l'ambiance des salles ?
Par rapport aux festivals, le public est différent. On va faire une tournée qui fait : Eté-Automne-Printemps-Eté. On va attaquer par des salles qui vont de 800 à 2000 personnes, des endroits où l'on garde la proximité avec les gens.

Vous avez aussi participé à un CD trois titres contre l'illettrisme avec deux inédits et une reprise d'une chanson de Jean Ferrat ?
On nous propose des trucs tous les jours dans tous les sens. Mais les gens oublient que notre métier c'est de faire de la musique. Et là, la FNAC nous a proposé de rendre service grâce à notre notoriété pour aider les associations tout en faisant ce que nous savons faire, c'est à dire des chansons. Dans la prochaine tournée, nous allons donner la recette de la billetterie à des associations.

Rencontrer un mythe comme Robert Smith était-il un moment fort pour toi ?

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