Christone “Kingfish” Ingram, 16 novembre, la Cigale.
Christone “Kingfish” Ingram enflamme Paris : une soirée blues mémorable.
Pour chauffer le public venu nombreux, nous avons droit à deux premières parties assurées par Dylan Triplett puis Mathias Lattin.
Dylan Triplett est un chanteur mêlant blues et soul music. Il possède une très jolie voix, et le public réagit immédiatement à la qualité de son show. Il interprète avec aisance un blues inspiré du Delta du Mississippi.
Second artiste sur scène : le guitariste et chanteur Mathias Lattin. Originaire de Houston, au Texas, il joue un blues à la fois électrique et funky, entre B.B. King et Stevie Ray Vaughan.
Lorsque Christone « Kingfish » Ingram apparaît sur scène, guitare en main, la salle retient son souffle. Pas de longue introduction, pas d’artifice : il attaque directement avec une ouverture blues-rock brute, laissant sa guitare rugir dès les premières mesures.
Ce son reconnaissable — rond, puissant, rempli de soul — enveloppe instantanément la salle. Dès le premier morceau, tout est clair : on ne va pas seulement assister à un concert, mais à une démonstration vibrante de ce que le blues a encore à raconter en 2025.
Entre deux solos dévastateurs, Kingfish prend parfois la parole pour partager quelques bribes d’histoire, évoquer son Mississippi natal et remercier le public parisien, visiblement conquis.
Mais bien souvent, il n’a pas besoin de mots : tout passe dans son jeu de guitare, tantôt agressif, tantôt d’une délicatesse presque chuchotée.
Sur Long Distance Woman, la salle tombe dans un silence quasi sacré, comme hypnotisée. Quelques titres plus tard, Outside of This Town déclenche une vague de cris et de danse, transformant la salle en véritable célébration collective.
Kingfish ne cesse de surprendre par sa maturité artistique. À seulement 26 ans, il joue déjà avec la profondeur d’un vétéran. Ses solos, longs, construits, émotionnels, ne sont jamais de simples démonstrations techniques : ils racontent quelque chose. Ils appellent. Ils répondent. Ils dialoguent.
Chaque note semble provenir d’un lieu intime, d’une mémoire profonde, et les spectateurs le ressentent avec une intensité rare.
Il y a des concerts où l’on regarde les musiciens, et d’autres où l’on vit quelque chose avec eux.
Le public parisien, ce soir-là, a vécu une véritable expérience. Les spectateurs se lèvent, battent des mains, hurlent, se laissent emporter par les grooves puissants et les ballades brûlantes. Lorsqu’il interprète Another Life Goes By, dédiée aux victimes de violences policières, Kingfish plonge la salle dans une émotion lourde, sincère, universelle.
Quelques minutes plus tard, il fait exploser l’énergie avec Rock & Roll (paru en 2021), provoquant une nouvelle vague d’enthousiasme.
Kingfish quitte la scène en plein solo pour réapparaître à la porte des coulisses de la Cigale et continuer à jouer au milieu du public, dans la fosse.
Ce 16 novembre 2025, Paris n’a pas seulement applaudi un jeune guitariste talentueux.
Elle a célébré l’un des héritiers les plus prometteurs du blues contemporain, capable d’honorer la tradition tout en la propulsant vers de nouveaux horizons.
Christone “Kingfish” Ingram n’a pas seulement joué : il a prouvé, une fois encore, que le blues n’est pas un genre du passé, mais un langage vivant, brûlant, essentiel.
La Cigale affiche ce soir archi-complet pour applaudir le jeune virtuose de la six-cordes, né à Clarksdale, ville où Robert Johnson aurait rencontré le diable…
Christone “Kingfish” Ingram concert la Cigale
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