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C'est un projet
que nous développons en Sardaigne pour sonoriser des images
de cinéma des années 30 et 40 via des archives de
cinéma et grâce à des musiciens sardes traditionnels
ou non, des formations classiques, une chanteuse, des instruments
anciens ou modernes. Une partie du projet est consacrée
au cinéma, l'autre à la musique. C'est donc un hommage
à la Sardaigne au travers d'histoires personnelles. Le
film Passaggi di tempo, présenté au Festival de
Venise reflète d'ailleurs les histoires personnelles de
ces différents musiciens jusqu'au moment de leur rencontre
dans ce projet. C'est un peu le Buena Vista Social club sarde.
Les paysages en plus.
Et
le festival de jazz dont vous vous occupez ?
Depuis 17 ans, j'organise un festival dans mon village de
2500 habitants. C'est d'ailleurs devenu par son succès
le Marciac de la Sardaigne à l'exception que chez nous
pas de chapiteaux. Tout se passe encore dans des lieux naturels;
forêts, églises, chapelles, places publiques.
Je suis président de ce festival mais aussi des autres
activités qui se passent dans l'année; le festival
du court-métrage, du cinéma, les
manifestations d'art contemporain, et bien sûr Sonos
'e memoria. C'est un laboratoire, la mémoire de la
Sardaigne aussi quelque part mais cela prend beaucoup d'énergie.
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Pourquoi
ce retour fréquent en Sardaigne ?
Ma famille y habite toujours. La Sardaigne m'a beaucoup donné.
Etre sarde n'est pas une honte mais c'est un sentiment fort. Je
pense être le premier musicien sarde à être
aussi connu à l'extérieur de l'île et
dans le monde. Mais la Sardaigne m'a beaucoup volé aussi.
Car il n'est pas facile de percer lorsqu'on est élevé
dans un village loin de tout et encore plus sur une île.
Mais le bilan est positif. Et je veux rendre à la Sardaigne
tout ce qu'elle m'a donnée.
Votre
vie correspond-elle à celle dont rêvait le petit
Paolo ?
Mis à part mon mode de vie, je ne crois pas avoir renié
ma personnalité d'enfant. Je suis bien sûr moins
timide grâce à mon métier et j'ai aussi l'occasion
de découvrir le monde en plus de m'être découvert
par rapport aux autres et à moi-même.
Votre
parcours vous étonne t-il encore ?
Oui car lorsqu'on nait dans un village avec des brebis et dans
une île comme la Sardaigne, être connu dans le monde
entier est encore étonnant. Mais j'ai eu de la chance et
la volonté de trouver rapidement mon espace et ma place
dans la musique.
Ne
trouvez-vous pas paradoxal de s'intéresser au jazz et à
la musique ancienne alors que la jeune génération
écoute hip-hop et R&B ?
Le jazz n'a jamais eu autant de succès car c'est une musique
qui représente tellement de choses. Et c'est cette musique
qui restera encore dans 20 ou 30 ans. Parlera t-on encore du hip-hop
?
Le jazz peut bien sûr encore se développer car il
a encore tellement de choses à exprimer. Il peut avoir
encore un peu plus de succès mais pas trop car je pense
qu'il doit rester intimiste et artisanal. Même si
nous jouons parfois dans des grandes salles, nous ne gagnerions
rien à choisir la carte de la variété pop
ou rock. Au contraire, nous perdrions notre liberté de
création et notre liberté tout court. Donc qu'il
se développe mais pas trop.
Un
musicien de jazz n'écoute t-il que du jazz ou de la grande
musique ?
Je reçois évidemment beaucoup de CDs d'élèves.
Mais chez moi très peu de TV, ni de radio. Et pour me relaxer
souvent du classique: Malher, Monteverdi
Premier
souvenir de concert ?
Suite
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