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Titou : En fait elle nous a dit " Je suis contente, vous n"avez pas refait un Contraddiction ".
Mouss : Voilà ! On va dans le même sens, on fait de la musique. Par exemple, le peintre il va pas peindre des natures mortes toute sa vie, il va avoir envie de passer à autre chose, de faire un peu de surréalisme, du naïf, ou beaucoup plus coloré. Ce sont des périodes! Tu as les moyens et le don pour faire un métier artistique, que ce soit de la sculpture, de la peinture, ou autre, un moment tu as envie de faire autre chose.
Olivier : A la base, l'art est l'un des seuls trucs où il n'y a pas de barrière.
Mouss : Comme disait Monsieur Gainsbourg : " La musique est un art mineur ", mais ça reste un art, quelque chose de malléable, où tu peux introduire des choses personnelles.
De toute façon, tout se répète, tout se ressasse. Si tu vas dans le fond, tu te rends compte qu'on répète toujours les mêmes choses, mais avec des vues différentes, avec un environnement qui évolue. Et puis on se pose toujours les mêmes questions. Tout se remet en question perpétuellement, toutes les générations ont leur flot de douleur et de joie. En tout cas, il y aura toujours un sentiment de révolte dans le fond des choses parce que le monde est loin d'être démocratique. Il faut essayer de trouver son équilibre, d'être raisonnable, de voir les choses un peu plus gaiement que ce que te montre la réalité, parce que cette réalité est très crue et fait mal.

On sent qu'il y a une évolution du chant. Qui s'est chargé d'écrire les paroles ?
Olivier :
C'est moi, j'ai tout fait !!
Mouss : Ouais ! Il a donné aussi des cours de basse à Titou !
C'est moi dans l'ensemble. Je proposais des choses un peu à tout va. C'est un peu comme les machines, tu dois donner une ambiance, une harmonie à tout ça. Les paroles c'est pareil, c'est un travail de longue haleine, parce que tu n'es jamais satisfait, est ce qu'il y en a assez, trop ?, est ce que tu as dit ce que tu voulais vraiment exprimer ? C'est très intéressant. C'est pénible et gratifiant à la fois.
Titou : Mais l'évolution du chant en fait s'est faite quasi naturellement avec la teneur des morceaux.
Mouss : Exactement !
Titou : Mouss, il ne pouvait pas tenir une rythmique sur ce qu'on était en train de faire tourner. C'est tout naturellement et avec envie que Mouss a fait ce travail là. Mais le fait que Mouss se mette à chanter, c'était obligatoire avec les morceaux.

Vous étiez le 7 Juillet dernier à Belfort pour les Eurockéennes, les échos sont particulièrement élogieux, qu'avez vous pensé de votre prestation ?
Mouss : On étaient tous sous pression, comme une première au théâtre. Tu t'apprêtes à faire une tournée en France de 40 dates, et tu ouvres ces 40 dates 3 mois avant aux Eurockéennes devant 25 000 personnes sur la grande scène…pffouhhh !! Est-ce qu'on a répété assez ?, est-ce qu'on va être au point ?, est-ce que les gens vont apprécier les nouveaux morceaux ?, l'album n'étant pas encore sorti. Tout ça rentre en ligne de compte. On était vraiment sous pression. J'avais des moments de bonheur intense, mais je me rattrapais, il fallait que je me concentre pour que ce bonheur soit mérité. Mais je crois que dans le fond, c'était loin d'être notre meilleur concert, au niveau de la puissance et de l'intensité, mais la sincérité était là. C'est ça qui était beau, les gens ont apprécié. On a eu un retour du public entre chaque morceau qui était frissonnant !

Suite.

 


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