Ronnie Wood à l’Olympia

Ronnie Wood, 5 septembre 2026, l’Olympia de Paris

 

Ronnie Wood à l’Olympia : deux heures de rock’n’roll sans peur

Samedi soir, l’Olympia affichait complet pour accueillir Ronnie Wood et son groupe dans le cadre du Fearless Tour 2026. Seize ans après son dernier passage parisien en solo, le guitariste des Rolling Stones a offert au public deux heures d’un concert généreux, entre rock, blues et country. Une soirée où l’Olympia est resté debout de la première à la dernière note.

Il suffit de quelques secondes pour comprendre que la soirée va être particulière. Ronnie Wood entre sur scène et attaque directement par « It’s Only Rock ’n’ Roll (But I Like It) ». Difficile d’imaginer meilleure façon de lancer ce concert parisien.

Le public de l’Olympia se lève immédiatement et, fait assez rare pour être souligné, ne se rassiéra plus jusqu’à la fin du spectacle.

À 79 ans, Ronnie Wood n’est manifestement pas venu faire acte de présence. Entouré d’excellents musiciens, il va tenir la scène pendant près de deux heures avec cette décontraction et cette élégance qui caractérisent les grands du rock britannique.

Du rock, du blues et une touche de country

Le Fearless Tour porte décidément bien son nom. Ronnie Wood navigue avec une belle aisance entre rock, blues et country, faisant de cette soirée un véritable voyage à travers les différentes facettes de sa carrière.

Les Rolling Stones sont évidemment très présents, mais les titres sont loin d’être de simples reproductions. Ils sont revisités avec une formation qui leur apporte de nouvelles couleurs.

C’est particulièrement évident sur « Honky Tonk Women ». Le célèbre titre des Rolling Stones prend ici des accents country grâce notamment à la présence d’une violoniste, qui apporte une couleur originale et particulièrement réussie au morceau.

Une belle manière de démontrer que même les classiques les plus connus peuvent encore être réinventés sur scène.

Ronnie Wood, guitariste mais pas seulement

La guitare reste évidemment au centre du spectacle. Mais Ronnie Wood ne se contente pas de jouer. Il chante également et prend aussi l’harmonica, passant naturellement d’un instrument à l’autre.

Et il est particulièrement bien entouré.

Chanel Haynes mérite une mention spéciale. La chanteuse nous a véritablement régalés avec une superbe version de « River Deep, Mountain High », qui a permis de mesurer toute l’étendue de ses qualités vocales. Une prestation particulièrement puissante, très proche de l’interprétation mythique de Tina Turner, qui a fait vibrer toute la salle.

Chanel Haynes n’est d’ailleurs pas une inconnue dans l’univers des Rolling Stones. Elle avait rejoint le groupe comme choriste lors de la tournée Hackney Diamonds en 2024, partageant notamment le chant avec Mick Jagger sur « Gimme Shelter ». Une expérience qui prend ici tout son sens, tant sa complicité avec Ronnie Wood semble naturelle sur la scène de l’Olympia.

Elle confirme ainsi qu’elle est bien plus qu’une simple choriste : une formidable chanteuse, capable de donner une nouvelle dimension aux morceaux qu’elle accompagne.

Une équipe de musiciens de premier plan

Pour l’accompagner, Ronnie Wood s’est entouré de quatre musiciens de haut niveau réunis sous le nom d’AMMO. Andy Newmark tient la batterie, Willie Weeks assure une basse aussi solide que groovy, Johnny Lee Schell est à la guitare, tandis qu’Andy Wallace officie aux claviers. Chanel Haynes complète cette formation au chant et aux chœurs.

Tous possèdent une solide expérience aux côtés de grands noms du rock, de la soul et du blues, et forment avec Ronnie Wood une équipe particulièrement efficace, capable de passer du rock au blues, de la soul à la country avec une grande fluidité.

Imelda May rejoint Ronnie Wood

Après environ 45 minutes de concert, Imelda May fait son entrée sur scène sous les applaudissements du public parisien. La chanteuse irlandaise, invitée de Ronnie Wood sur cette tournée, rejoint alors le guitariste et Chanel Haynes pour partager les parties vocales avec Ronnie.

Avec sa voix puissante et son tempérament, Imelda May apporte immédiatement une nouvelle couleur au spectacle. Son univers, à la croisée du rock, du blues, de la country et du rockabilly, s’accorde parfaitement avec celui de Ronnie Wood.

Les trois voix se répondent et se complètent, donnant une belle dynamique à la seconde partie du concert. Ronnie Wood, Chanel Haynes et Imelda May forment alors un trio vocal particulièrement réjouissant, porté par une véritable complicité sur scène.

Un Olympia en feu

Il y avait surtout une formidable ambiance samedi soir.

Dès l’arrivée de Ronnie Wood, le public s’est levé et ne s’est plus assis. Une belle preuve que les grandes chansons et le rock’n’roll continuent de faire leur effet, quelles que soient les décennies qui passent.

La salle chante, applaudit, répond aux musiciens et accompagne généreusement le spectacle. Une véritable communion entre la scène et le public.

Un dernier morceau pour finir

Après près de deux heures, Ronnie Wood et son équipe quittent la scène. Mais l’Olympia n’est évidemment pas prêt à en rester là.

Le public réclame un dernier morceau et obtient finalement un titre en rappel.

Une dernière salve avant que les lumières ne se rallument.

Deux heures de rock, de blues, de country et de plaisir partagé.

À l’Olympia, Ronnie Wood n’a pas cherché à jouer la carte de la nostalgie. Il a simplement fait ce qu’il sait faire depuis plus de cinquante ans : jouer, chanter, partager et prendre du plaisir sur scène.

Et samedi soir, le public parisien lui a largement rendu cette énergie. De nombreuses personnalités avaient fait le déplacement pour ce concert, dont Lenny Kravitz.

Fearless ? Assurément. Et toujours rock’n’roll !

 

Ronnie est accompagné par le groupe Ammo composé de : Andy Newmark  (batterie), Andy Wallace (claviers), Johnny Lee Schell (guitare), Willie Weeks (basse), Chanel Haynes (chœurs et chant) et bien sûr Imelda May (chant).

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